Concevoir des systèmes de production industrielle

Portrait d’Arnaud Hôte, diplômé du mastère spécialisé Systèmes mécatroniques et robotiques

19 janvier 2026

© Vignette : AdobeStock.
Le mastère spécialisé mécatronique/robotique forme des spécialistes dans la modélisation et la commande des systèmes robotiques, l'architecture de contrôle des systèmes multitâches et l'électronique embarquée. Un diplôme qui apporte des réponses à des besoins bien identifiés dans l’industrie nationale. Découvrons par son témoignage le parcours d’Arnaud Hôte.

Quid de la mécatronique pour commencer ?
Il s’agit de l'alliance de la mécanique, de l'électronique, de l'informatique et de l'automatique, tout cela regroupé en un seul système. Une association de compétences utilisée pour mettre de « l'intelligence » dans un produit mécanique afin de surveiller un système, d'alerter ou d'obtenir de l'information. On peut citer les robots chirurgicaux, les imprimantes 3D, les téléphones intelligents ou les voitures hybrides et électriques qui intègrent un système mécatronique.

Le mastère spécialisé Systèmes mécatroniques et robotiques du Cnam est labellisé Conférence des grandes écoles (CGE). Son titulaire est capable de modéliser, concevoir et programmer des systèmes de « contrôle-commande temps réel » dans le secteur de la robotique. Ces acquis permettent d'apporter plus d'intelligence et de précision dans le comportement des robots ainsi qu'une flexibilité et une utilisation plus simple. Le spécialiste roboticien peut ainsi s'intégrer dans différents domaines industriels dans lesquels l'autonomie est indispensable. On peut citer, à titre d'exemple, le transport et la logistique, la défense et la sécurité, l'intervention en milieux hostiles, la conception de machines intelligentes et la santé (assistance à la personne).

Le mastère spécialisé Systèmes mécatroniques et robotiques est accessible aux titulaires d'un diplôme d'ingénieur dans les domaines de l'automatique, de la mécatronique ou de la mécanique, aux diplômés de masters de mêmes domaines et aux étudiants étrangers ayant un niveau master ou ingénieur.

Arnaud Hôte, diplômé du mastère spécialisé Systèmes mécatroniques et robotiquesRetour d’expérience…

… avec Arnaud Hôte, diplômé du mastère spécialisé Systèmes mécatroniques et robotiques.

Arnaud Hôte a d’abord suivi une formation d'ingénieur en systèmes embarqués à Grenoble avec une spécialisation en automatique, dont il a été diplômé en 2012. Il a ensuite travaillé en France pendant sept ans comme ingénieur « logiciels embarqués » dans différents domaines : aéronautique, automobile et machines agricoles. Puis il est parti deux ans en Angleterre où il a exercé dans la robotique (robots mobiles). Après dix ans d’expérience, Arnaud a déménagé en Italie et a décidé de se lancer en tant qu'indépendant. Il a alors réalisé des missions dans les domaines automobile, médical, ferroviaire ou des batteries. En parallèle, il a commencé à s’exercer avec ROS/ROS2 (logiciels libres permettant de développer des programmes pour la robotique) pour orienter sa carrière vers la robotique. Afin de consolider ses compétences dans le domaine, il a donc suivi au Cnam le mastère spécialisé Systèmes mécatroniques et robotiques. Aujourd’hui, Arnaud travaille de nouveau en tant que salarié pour une entreprise italienne qui produit des appareils de contrôle et de gestion des réseaux électriques. Cependant, il continue d'expérimenter sur des petits robots avec des projets personnels et reste à l'écoute d'opportunités dans le domaine de la robotique, idéalement pour intervenir sur le contrôle bas niveau d'actionneurs (composant permettant aux machines d'effectuer des mouvements physiques en convertissant de l'énergie, électrique, pneumatique ou hydraulique, en force mécanique).

Pourquoi avoir choisi le Cnam pour vous spécialiser dans la mécatronique/robotique à travers ce mastère spécialisé ?

En tant qu’indépendant, j’ai tenté sans succès d’obtenir des missions dans le domaine de la robotique, et j’ai donc cherché les formations disponibles afin de me remettre à niveau en automatique et de combler mes lacunes en robotique. Avec la contrainte d’être déjà inséré dans la vie active, un master classique n’était pas vraiment envisageable. Après quelques recherches, j’ai donc trouvé le mastère spécialisé du Cnam qui répondait parfaitement à mes critères avec en plus une cadence adaptée aux travailleurs (cours en distanciel le soir, avec seulement une semaine en présentiel pour les travaux pratiques). Le mastère me permet d’avoir un diplôme en robotique (important sur un CV) et me donne désormais les connaissances qui me manquaient (automatique, bras robotique, ROS/ROS2) pour gagner en expérience, que j’ai d’abord acquise via des projets personnels. En résumé, c’était la solution idéale pour moi !

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Les enseignements ont-ils répondu pleinement à vos attentes ? Des exemples ?

Tout à fait. La cadence et la possibilité de visionner les enregistrements des cours si besoin ont parfaitement fonctionné pour moi. J’ai pu appliquer la plupart des choses apprises en cours pour mon mémoire et je continue d’expérimenter sur mes robots afin d’engranger de l’expérience. En particulier, le cours sur la représentation d'état appliquée à la commande des systèmes linéaires (AUT106), les travaux pratiques associés (AUT109) et le module sur la modélisation et la commande de systèmes robotiques (ROB201) m’ont aidé à synthétiser et à implémenter (avec le logiciel ROS2) les lois de commande nécessaires pour le contrôle du robot de mon mémoire. J’ai beaucoup aimé le retour d’expérience des intervenants de l’unité d’enseignement AUT209 sur l’implémentation des filtres de Kalman* et plus généralement sur les problèmes de stabilité numérique, ainsi que la partie du cours AUT215 sur les méthodes avancées de commande. Ces sujets sont souvent négligés ou méconnus dans l’industrie, mais sont très importants dès que l’on veut avoir un système de bonne qualité et performant. De plus, même si je ne travaille pas actuellement dans la robotique, le cours sur les réseaux de terrain (réseaux informatiques industriels utilisé pour la commande numérique distribuée en temps réel) m’a aussi servi plus d’une fois au cours des derniers mois.

*Le filtre de Kalman est un algorithme qui permet d'estimer l'état d'un système à partir des données mesurées. Il tient son nom de l'ingénieur hongrois Rudolf Kalman, qui a joué un rôle important dans son développement.

Comment voyez-vous la suite dans les années à venir ?

Pour l’instant, je continue à travailler sur des projets personnels afin de ne pas perdre les connaissances que j’ai acquises avec le mastère, tout en construisant un portfolio que je puisse présenter dans le futur. Comme j’aime travailler proche du matériel, j’envisage de chercher un poste qui me permette d’intervenir sur le contrôle d’actionneurs pour des systèmes robotiques (moteurs ou pompes hydrauliques). Cela me permettrait à la fois de faire la modélisation du système, de synthétiser la ou les lois de commande pour le contrôler, et ensuite d’implémenter celles-ci sur la carte électronique de contrôle. Cependant, comme j’ai apprécié de travailler comme indépendant, je n’exclus pas cette possibilité, tout dépendra de l’évolution du marché du travail et de ma situation géographique.