Se former en télécommunications et réseaux (épisode 2/2)

Portrait de Sébastien Chimènes, ingénieur Cnam en télécommunications et réseaux

5 janvier 2026

© Vignette : AdobeStock.
L'ingénieur Cnam de la spécialité télécommunications et réseaux a une double compétence : systèmes de télécommunications et réseaux informatiques. Cela lui permet de maîtriser tous les éléments d'un système de communication de la couche physique (transmission de l'information avec des compétences nécessaires en transmissions numériques) jusqu'aux couches hautes (protocoles, services, applications). Découvrons le parcours de Sébastien Chimènes à travers son expérience et son témoignage.

La vision distincte du monde de la transmission des informations (télécommunications) d'une part, et du monde du traitement de l'information (informatique et réseaux) d'autre part, appartient au passé. La réunion de ces deux mondes est désormais une réalité avec la convergence des réseaux de transmission qui transportent indifféremment voix, données et images. Les systèmes mobiles 3G et 4G vers le tout internet sont un exemple de cette jonction.

Les industriels des télécommunications et réseaux, les opérateurs de réseaux de télécommunications, les entreprises avec leurs réseaux informatiques internes et externes, réclament aujourd’hui des profils ingénieurs capables d'appréhender dans leur globalité de tels systèmes. La double compétence en télécommunications et réseaux informatiques offerte par le cycle d’ingénieur Télécommunications et réseaux du Cnam est une réponse à ce besoin.

Les 6 compétences clés de l’ingénieur Cnam en télécommunications et réseaux

  • Analyser un problème technique dans le domaine des télécommunications et réseaux ;
  • Établir un cahier des charges rigoureux ou des spécifications techniques ;
  • Choisir les solutions technologiques adéquates ;
  • Maîtriser les méthodes et outils de modélisation ;
  • Maîtriser et utiliser les outils informatiques (programmation, simulation) ;
  • S’adapter aux évolutions et avancées technologiques relatives au domaine des télécommunications et réseaux informatiques.

L’accès au cycle d’ingénieur Télécommunications et réseaux se fait à bac+2. Le diplôme est de niveau bac+5 à la sortie.

Sébastien Chimènes, ingénieur Cnam en télécommunications et réseauxRetour d’expérience…

… avec Sébastien Chimènes, diplômé en 2024 du cycle d’ingénieur Télécommunications et réseaux.

Sébastien Chimènes a commencé son parcours au Conservatoire national des arts et métiers dès les années 2000, en suivant des unités d’enseignement en acoustique : acoustique des salles et électroacoustique. Il a repris le chemin du Cnam en 2013 pour compléter sa formation et cultiver le jargon « réseau » qui s’imposait de plus en plus dans son travail : déploiement de systèmes audio en radio, télévision et cinéma. Sébastien s’est ensuite engagé dans le cursus « traitement du signal » pour compléter ses connaissances techniques et scientifiques, prendre plus de hauteur et intégrer de la transversalité dans les projets sur lesquels il est amené à collaborer. Son engagement dans le diplôme d’ingénieur Télécommunications et réseaux lui a permis de mieux comprendre les problématiques qui se posent dans les projets qui lui sont confiés. Après l’obtention de son diplôme d’ingénieur, Sébastien se dit davantage structuré ; il peut aussi qualifier de manière plus efficiente les problèmes qu’ils rencontrent dans ses analyses techniques et mettre ainsi en place les méthodes idoines pour apporter des solutions.

Pourquoi avoir choisi le Cnam pour vous former comme ingénieur en télécommunications et réseaux ?

Le Cnam a toujours répondu à mes attentes professionnelles en complétant mes connaissances et compétences. C’est par l’apprentissage que l’on avance dans sa spécialité. La mienne, l’audiovisuel, est en périphérie des télécoms, même si elle y contribue par son contenu, son transport numérique et sa diffusion.
Le point fort du Cnam, c’est que tout est ouvert et à la carte, ce qui donne envie quand on est curieux. C’est cependant exigeant en termes de rythme, car il faut mener de front une formation du soir et un métier à temps plein. Cela demande des sacrifices. On connait aussi quelques moments de solitude si l’on n’a pas réussi à tisser des liens avec les camarades de promotion. Mais cela n’a pas été mon cas. Je suis parvenu à faire connaissance avec des auditeurs de différentes spécialités : une grande aide pour la stimulation et pour s’immiscer dans des domaines différents de son domaine professionnel initial. Avec ces personnes, nous nous voyons toujours en ayant des discussions constructives sur des sujets étudiés conjointement, notre évolution, nos questionnements professionnels respectifs.
Avec l’un d’entre eux, nous travaillons ensemble à développer des solutions logicielles, ses capacités en développement informatique et en électronique embarquée permettant de concrétiser des outils audios spécifiques. En tant qu’ingénieur diplômé, on acquiert davantage encore de discernement quand on est amenés à travailler de manière transversale sur des projets complexes avec des intervenants de différents domaines.

Les enseignements ont-ils répondu à vos attentes ? Des exemples ?

La formation télécommunications et réseaux permet d’échanger autant avec un développeur informatique qu’avec un expert en cybersécurité, un ingénieur réseau, un spécialiste en traitement du signal ou un ingénieur en électronique embarqué avec lesquels nous avions des cours communs. En ce qui me concerne, c‘est un point majeur dans ce que j’étais venu chercher. Il n’existe pas de diplôme d’ingénieur en « audio-audiovisuel » en France, au mieux des licences ou des masters qui sont très spécialisés. Le choix doit alors s’effectuer parmi les grandes spécialités proposées par les écoles d’ingénieurs : électronique (embarquée), mécanique (acoustique), télécommunications et réseaux, informatique etc.
Je continue à penser, bien que ce ne soit pas porteur dans le cadre actuel, qu’un point de vue plus « macro » est essentiel dans les projets d’envergure ou pour du développement. Cela vient en complément de jeunes ingénieurs spécialisés qui ont suivi un parcours académique à bac+5 et qui, après un stage et 2 à 4 ans de forte spécialisation, seront des experts dans une seule tâche : par exemple, une forte spécialisation et un bon niveau de technicité dans un langage de programmation ou dans les réseaux. Après 10, 15, 20 ans d’expériences, on aborde les éléments différemment, et c’est, je crois, ce qui fait aujourd’hui une des spécificités de l’ingénieur Cnam.

Quelles ambitions nourrissez-vous pour la suite ?

C’est difficile de répondre à cette question, surtout dans la situation économique et technologique actuelle. Arriver à vendre ses acquis est déjà un exercice ardu face aux recruteurs (en indépendant ou en salarié). On peut rapidement être vu comme un concurrent plutôt qu’un facilitateur dans l’entreprise. À l’issue de mon mémoire, un professeur m’a dit qu’il y avait dedans les éléments d’une thèse. Cependant, dans l’immédiat, je serai souple, agile comme certains aiment à dire. S’il faut s’adapter en ajoutant un vecteur commercial à mon bagage, par exemple, j’évoluerai en apprenant avec plaisir de nouvelles choses pour apporter ce qu’il faut à une mission ou à un employeur ce qu’il recherche.