Au cœur des cours du soir (1/2)

Urbanisation et architecture des systèmes d’information

LAURENT BOUTAL

4 mai 2022

La planification du Cnam Paris a fort à faire. Près de 200 cours programmés chaque soir de la semaine pour ce second semestre de l’année universitaire 2021/2022. Des unités d’enseignement (UE) variées, qui vont des sciences de l’ingénieur à la sphère tertiaire. Intéressons-nous aujourd’hui au cours d’informatique de Laurent Boutal.
Un lundi en début de soirée, site Saint-Martin (Paris 3e).
Ambiance studieuse et sobre en salle 17-1-12.

Eleves en cours du soir : Management

Dans le cours Urbanisation et architecture des systèmes d'information (NFE107), on s’échine, concentrés, à retenir les méthodes, techniques et outils essentiels pour maîtriser les usages permettant d’assurer un système d’information (SI) qualitatif et sécurisé pour l’entreprise. L’idée force est que la performance informatique – usage quotidien pour les salariés et les visiteurs externes, navigation, applications, formulaires – est désormais le cœur nucléaire d’une organisation qui fonctionne bien. Laurent Boutal, enseignant, explique : « Aujourd’hui, les systèmes d’information ne sont plus de simples fournisseurs de services, mais des créateurs de valeur pour l'entreprise. Disposer d’un SI fort et ayant les leviers sur la stratégie même de l’entreprise est indispensable. »

Beaucoup d’informaticiens de terrain se sont formés sur le tas, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Alexandre, sous-officier dans l’Armée de l’air, a choisi le Cnam pour réussir sa reconversion dans le civil. Il prépare le diplôme d’ingénieur Systèmes d'information et Business Intelligence, dont fait partie l’UE NFE107 : « J’ai choisi de suivre cette formation au Cnam car c’est l’organisme que des collègues avaient choisi pour se diplômer en cours du soir, et que j’en avais de bons retours. Quant à l’UE NFE107, je l’ai choisie car elle va me donner les bases de l’architecture informatique, qui ne sera pas mon métier mais qui me permettra de traiter plus facilement avec mes collègues dont c’est la spécialité. » Il est à noter que le cours Urbanisation et architecture des systèmes d'information est transverse. Il apparaît dans plusieurs cursus ou peut être suivi à la carte (onglet Parcours).

Mais quel que soit le cursus choisi (diplôme et unités d’enseignement qui le compose), l’objectif reste le même : bâtir une qualification de terrain afin que la personne formée soit capable d’apporter son expertise directement à son arrivée dans un poste opérationnel. Un défi pas si compliqué à relever pour peu que la finalité du résultat reste le moteur tout au long du chemin.

Interview de Laurent Boutal, enseignant du cours du soir Urbanisation et architecture des systèmes d'information

LAURENT BOUTALDans un monde où l'informatique est désormais omnipotent, en quoi consiste, pour une organisation, la stratégie de disposer d'un système d'information performant ? Jusqu'où faut-il aller et dans quel but ?

Le positionnement de l'informatique a considérablement changé depuis ses débuts.

Dans les premiers temps, l'informatisation consistait à automatiser des activités existantes, sans remise en question de la légitimité du besoin. Puis, petit à petit, sont apparus des besoins de mutualisation. Tout d'abord une rationalisation endogène, centrée sur les technologies et les actifs informatiques, puis une mutualisation des activités métiers, avec par exemple le déploiement d'applications dites « référentiels ».

Mais, depuis quelques années, on voit apparaitre des SI qui ne sont plus de simples fournisseurs de services performants, mais des créateurs de valeur pour l'entreprise. Les IT (technologies de l’information) modernes sont des IT qui ne font plus que du développement sur mesure et spécifique, mais qui sont plus des intégrateurs de services, quels qu'ils soient (API, micro-services). Les IT peuvent, par leur maîtrise des technologies, proposer aux professionnels de nouvelles façons de structurer leur métier, voire proposer de nouvelles activités. Disposer d'une IT forte et ayant les leviers sur la stratégie même des entreprises devient donc indispensable.

LAURENT BOUTALFace à vos élèves, quelles méthodes utilisez-vous pour qu'ils puissent appréhender cette matière (Urbanisation et architecture des systèmes d'information) avec la plus grande amplitude possible pour leur carrière (ou future carrière) ?

L'architecture d'entreprise ou des SI est une discipline, ce qui signifie que ce n'est ni simplement une méthode ni seulement un cadre ou un ensemble de livrables. L'architecte d'entreprise a un savoir-faire mais aussi un savoir-être. Je cherche donc à présenter à la fois des méthodes, techniques et outils pour réaliser cette activité, mais aussi les moyens comportementaux pour la mettre en œuvre.

Une des plus grandes difficultés de cette discipline est de réussir à montrer la valeur ajoutée d'une méthode structurée face au bon sens qui y est souvent opposé. Dans cette discipline, il y a beaucoup de praticiens qui se sont formés sur le tas, de façon empirique, et qui ne comprennent pas encore les avantages d'une démarche structurée.

En terme pédagogique, je cherche avant tout à être le plus clair et simple possible. Pour paraphraser Boileau : « Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. » Je veille donc à employer des termes et analogies qui parlent dans la vie de tous les jours, à la fois pour que les étudiants appréhendent bien les concepts, mais surtout pour qu'ils puissent ensuite les restituer en entreprise lorsqu'il le faudra dans leur vie professionnelle. Je dis souvent que si la technique est bien sur indispensable pour maîtriser son sujet, c'est grâce à leur comportement que les futurs architectes feront la différence.