Théorie philosophique du courage à l'épreuve de la clinique du travail

Code UE : PSY201

  • Cours
  • 4 crédits

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Public et conditions d'accès

Il est recommandé de posséder une formation théorique dans l'un des domaines au moins des sciences de l'homme et de la société, ou des sciences de la santé.
Une formation préalable en philosophie n'est pas nécessaire pour s'inscrire à ce cours.

Objectifs pédagogiques

La clinique du travail nous apprend que le travail ne saurait être réduit à un simple objet de science. Il peut aussi être convoqué comme opérateur d'intelligibilité dans l'analyse des rapports entre le sujet singulier et la société, en particulier dans l'analyse des ressorts :
de l'identité, de la maladie et de la santé mentale ;
de la structuration et de l'évolution des relations entre les hommes et les femmes ;
de la vie de la Cité ;
de la production de la connaissance.
La prise en compte de ces quatre modalités de la centralité du travail permet de jeter un regard inhabituel sur le courage qui apparaît plus ambigu qu'on ne pourrait le croire. Son association à la virilité et son exaltation dans les nombreuses situations à risque qui se rencontrent dans le monde du travail (le BTP, la chimie, le nucléaire, la police, l'armée, etc.) pose en effet question. Définissable comme déni opposé à la peur, donc en tant que formation réactionnelle, le courage viril est de nature défensive ; il cesse alors d'être vertu ou valeur. D'où son opposition au courage noble pensé par la tradition philosophique. La confrontation entre ces deux versions du courage intéresse aussi bien le philosophe que le praticien, dans la mesure où tous deux essayent de rendre compte du paradoxe constitué par l'indissociabilité des manifestations du courage viril et de la servitude dans l'univers contemporain du travail, avec pour corollaire des difficultés à penser les conséquences politiques de ce paradoxe.

Contenu

Le cours commencera par définir l'enjeu politique de la distinction entre le courage sensible, tel que le définit l'oeuvre de la philosophe Gabrielle Suchon (1632-1703), au XVIIème siècle, et le courage viril valorisé par notre culture et nos institutions.
L'étude de textes empruntés à la tradition philosophique (des Grecs à nos jours) servira de base à un travail de déconstruction critique des représentations contemporaines du courage, au sein des nouvelles organisations du travail

Modalité d'évaluation

Contrôle continu des connaissances.

Bibliographie

  • KLEIN P.-M (sous la direction de) : Le courage. En connaissance de causes, Autrement, 6, série Morales, 1992
  • JACQUET C. et coll : Fortitude et servitude. lectures de l'Ethique IV de Spinoza, Paris, Editions Kimé, 2003.
  • FRERE J. : Ardeur et colère. Le thumos platonicien, Paris, Editions Kimé, 2004.
  • Aristote : Ethique à Eudème, trad. par Vianney Décarie, Paris, Vrin, 1984.
  • SMOES E. : Le courage chez les Grecs, d'Homère à Aristote, Editions OUSIA, Bruxelles, 1997.
  • TILLICH P. : Le courage d'être (1952), trad. franç. par JP Le May, Les Editions du Cerf, Paris, 1999.
  • Simone WEIL : L'Illiade ou le poème de la force et autres essais sur la guerre (1939), Paris, Rivages poche/Petite Bibliothèque,

Contact

Équipe pédagogique Psychanalyse Santé Travail
75005 PARIS
Tel :01 44 10 78 22
Virginie Hervé

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