L'effort et la pensée

Code UE : PSY204

  • Cours
  • 4 crédits

Responsable national

Responsable opérationnel

Public et conditions d'accès

Il est recommandé de posséder une formation théorique dans l'un des domaines au moins des sciences de l'homme et de la société, ou des sciences de la santé.
Une formation préalable en philosophie n'est pas nécessaire pour s'inscrire à ce cours.

Objectifs pédagogiques

Ce programme d'enseignement prend pour point de départ un double questionnement portant sur le statut du réel et les moyens d'accéder à lui. Mais comment rendre possible cet accès au réel sans nous soumettre à son épreuve, sans tenir compte de la résistance qu'il nous oppose, sans mobiliser une technique (Sigaut) ? Le travail, qui est à la fois cette expérience pathique (affective) et cette mobilisation, constitue de fait un opérateur majeur d'intelligibilité du réel.
Notre démarche se situe en décalage par rapport à la conception épistémologique commune accordant le prestige essentiel à la méthode expérimentale. Elle nous permet, en effet, de rejoindre un courant de pensée ayant joué, au début du XIXe siècle, un rôle décisif dans le progrès de l'anatomie tissulaire (Bichat), de la physiologie (Broussais), de la médecine (Corvisart, Laennec) et de la psychiatrie (Esquirol, Pinel). Ce courant de pensée constitue à nos yeux un motif philosophique de référence pour penser l'incidence sur notre conception du sujet des changements conceptuels actuellement induits par le développement de la neuro-physiologie et des neuro-sciences. Il apporte ainsi des éléments décisifs au débat, en le nourrissant d'éléments puisés dans la lecture des oeuvres de Destutt de Tracy, Cabanis, Maine de Biran, Ampère, etc., décrivant la vie de la subjectivité, en s'appuyant sur une théorie de l'articulation des diverses sciences dont la réunion est nécessaire pour "connaître l'homme " sous toutes ses faces " (Cabanis). Une attention particulière sera accordée à l'oeuvre de Maine de Biran (1766-1824) qui attribue au corps un statut totalement inédit par rapport à la tradition philosophique. La théorie biranienne analyse en effet les ressorts premiers du pouvoir d'idéation, comme genèse du pouvoir de former des pensées ou idées, et de la conscience de soi à partir de la référence au corps et au concept d'effort sensible . Elle ouvre des perspectives  qui mériteraient d'être réexaminées dans le contexte actuel de la discussion portant sur l'évaluation des thérapies cognitivo-comportementales et de la psychanalyse.

Contenu

Le cours reposera sur un principe d'alternance entre enseignements magistraux et analyses de textes extraits de l'oeuvre des Idéologues (Cabanis, Destutt de Tracy) et de Maine de Biran (1766-1824). Ces penseurs soutiennent que nos idées et la conscience elle-même sont le produit d'une transformation de nos sensations et impressions ou issues de la "relation d'effort" de la volonté sur le corps.
Un temps de discussion de la pertinence clinique de ces thèses sera ménagé à la fin de chaque séance.

Modalité d'évaluation

Contrôle continu des connaissances.

Bibliographie

  • ANTOINE A : Maine de Biran. Sujet et politique, Paris, PUF, 1999.
  • AZOUVI F : Maine de Biran, La Science de l'Homme, Paris, vrin, 1995.
  • DEVARIEUX A. : Maine de Biran, l'individualité persévérante, Grenoble, Editions Jérôme Million, 2004.
  • Maine de Biran : De l'aperception immédiate (Mémoire de Berlin, 1807), Tome IV, éd. F. Azouvi, Paris, Vrin,1995,
  • Bruce BEGOUT : Maine de Biran, la vie intérieure, Paris, Payot, 1995.

Contact

Équipe pédagogique Psychanalyse Santé Travail
41, rue Gay-Lussac
75005 PARIS
Tel :01 44 10 78 22
Virginie Hervé

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        • 2017-2018 2nd semestre : Présentiel
        • 2018-2019 2nd semestre : Présentiel
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